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L'équilibre tue tes progrès (comment bien gérer l'obsession)
Les périodes où j’ai le plus progressé sont celles où j’étais obsédé.
Où je ne pensais qu’à une seule chose. Jour et nuit.
Il n’y avait aucune place à l’équilibre, il y avait juste un objectif de progression dans un domaine.
Je l'ai beaucoup eu avec les jeux, mais aussi quelques fois pour des compétences plus… terre à terre.
On parle souvent d’équilibre comme le sain graal. Ce qu’il faut chercher à tout prix et en tout temps. Mais ce n’est pas si simple que ça.
Si ton objectif est d’obtenir un résultat significatif sur une période donnée, l’équilibre n’a pas sa place.
“Sur une période donnée” est important.
Car faire ça trop longtemps est le meilleur moyen de transformer l’obsession en quelque chose de :
Dangereux
Malsain
Contre-productif
C’est là toute la complexité.
C’est un élément crucial pour la réussite, mais à utiliser stratégiquement.
Par le passé, toutes les personnes ayant accompli de grandes choses étaient obsédées par leur domaine à un moment ou à un autre.
On ne révolutionne pas une industrie en cherchant le parfait équilibre entre vie pro et vie perso.
On ne crée par l’ampoule électrique, l’automobile ou les avions si on n’est pas obsédé jour et nuit par nos travaux.
Une vie recherchant l’équilibre en tout temps sera par définition une vie vécue dans la moyenne.
En restant dans cette moyenne, il va être très difficile de créer une réalisation ou un impact sortant du lot.
Quand je passais 1h par jour à jouer à League of Legends, c’était un passe temps.
Quand je jouais 12h par jour à Dofus, que je dormais en y pensant et que je “theorycraftais” des équipements dès que je trouvais un moment, c’était une obsession.
Oui, mon énergie aurait pu être dirigée d’une meilleure façon. Mais l’idée est : les résultats entre ces 2 situations n’ont rien à voir.
Qu'elle soit appliqué à un jeu ou une passion, l’obsession peut devenir destructrice si elle n’est pas correctement gérée. Mais c’est aussi la source du succès et d’une croissance exceptionnelle.
Que ce soit l’équilibre ou l’obsession, chacun a des intérêts et des limites.
L’idée de cette newsletter est de :
Dessiner plus clairement leurs frontières
Savoir où se placer pour investir notre énergie d’une manière cohérente avec tes objectifs
De créer un état d’esprit de “moine guerrier”.
Le mythe de l’équilibre
Trouver un équilibre est très souvent mis sur un piédestal.
Certains en font un objectif à part entière, “optimisant” chaque moment pour trouver le parfait équilibre en toute chose.
Je le vois comme de la dilution d’énergie.
Si tu veux progresser dans :
Ta carrière
Ta famille
Le sport
Ton alimentation
Tes finances
Et le tout, en même temps : c’est le meilleur moyen de n’avoir aucun résultat significatif dans chacun de ces domaines.
Avoir une approche équilibrée ici signifie ne pas donner 100% de son énergie pour progresser sur quelque chose, mais 20% dans 5 domaines.
Ce qui veut aussi dire :
Diviser son temps dans ces 5 catégories.
Penser à tous ces domaines en mêmes temps.
Avoir 5 gros objectifs à réaliser en même temps.
Se sentir surchargé par la montagne de choses à faire.
Pour au final, arriver quelques mois plus tard en ayant l’impression d’avoir investi beaucoup d’efforts, pour aucun résultat.
En cherchant un équilibre constant, on est dans la moyenne.
Et si tu lis ça, je ne pense pas que c’est ton objectif.
Si un équilibre dilue tes résultats sur le court terme, que vaut l’obsession ?

Une bonne dose d’obsession
Ce que j’ai compris avec les jeux vidéo s’applique aussi au deep work.
En étant “obsédé” sur un sujet pendant 2h sans aucune distraction, on arrive souvent à un résultat qui prend 2 jours avec une approche équilibrée.
Il n’y a pas de “10min de sport, 10min de travail, 10min de vie sociale,…”.
Il y a qu’un seul mot : concentration.
On part au combat, en rassemblant tout tout ce qu’on peut trouver en chemin (tous les fragments d’énergie) pour les investir dans un objectif unique.
La progression se fait aux limites.
Aux limites de tes connaissances, compétences. Aux limites de ce que tu maitrises.
Si tu veux progresser, cette notion se trouve dans la zone grise. Dans l’inconnu.
On ne découvrira rien de nouveau dans un environnement quotidien équilibré que l’on connait parfaitement. La nouveauté se trouve à la frontière. Au bord du “connu”, en acceptant de mettre un pas de l’autre coté.
Cette obsession peut être saine à condition qu’elle soit alignée avec qui on est. Si on sait pourquoi on le fait.
Bosser temporairement 12h par jour sur un projet qui a du sens est l’un des meilleurs moyens de progresser
Bosser 12h par jour sur un travail qui ne nous intéresse pas est l’un des meilleurs moyens de burnout
C’est ce sens et cet alignement qui crée l’équilibre (et le succès) via l’obsession.
L’amplitude a de l’importance
L’obsession crée l’amplitude.
Cette amplitude a de l’importance. C'est elle qui détermine le niveau de passion, d’énergie, d’émotion, de motivation que l’on va avoir sur un projet.
La contrepartie, c’est la réalisation qu’il y aura un équilibre général. Autrement dit, plus les hauts sont hauts, plus les bas vont être bas.
Plus l’obsession est grande, plus le désintérêt ou la chute est brutale.
C’est à ce moment qu’on retrouve un nouvel intérêt, et que le process recommence. On peut aussi faire en sorte de raviver la passion de ce même intérêt.
L’amplitude est importante, car même si la moyenne est identique entre 2 situations, le résultat sera déterminé par cette hauteur. C'est le facteur déterminant la profondeur dans un sujet donné.

Tu as noté les petits détails de formulation ajouté sur la notion d’obsession ?
Le fait de son intérêt “court terme”, “temporaire”,…
Selon moi, il faut viser un équilibre long terme. Avec des phases ponctuelles de concentration intense, de passion, d’obsession.
Comment ?
Vivre en saisons
L’idée est de vivre en saison, ou phases.
Il y a un temps pour tout. Pour reprendre l’idée du moine guerrier plus haut, c’est vraiment l’objectif.
Il y a un temps pour :
la préparation
la réflexion
la planification
Et il y a un temps pour :
l’obsession
la concentration
le passage à l’action de manière massive et intransigeante.
Une fois la route dessinée, ce n’est plus le moment du questionnement, mais celui de l’action.
Enfin, une fois que l’impact recherché a été réalisé (en fonction de ton objectif), on revient à un niveau d’équilibre.
Une obsession temporaire et stratégique.
Développer l’harmonie d’un moine, avec la détermination d’un guerrier.
Et ça s’applique à TOUT. Un projet, une passion, un sport, l’acquisition de compétence,…
Une fois le résultat obtenu, on arrive souvent à l’une des 2 situations :
Désintérêt et remise en question totale (correspondant à la chute dans le visuel au dessus)
La mise en “maintenance” du projet (même principe que pour gérer plusieurs centres d’intérêt, j’en parle ici)
Se créer un lifestyle basé sur son propre équilibre
La meilleur manière de gérer l’ensemble, c’est de se créer intentionnellement une vie qui a du sens. Qui soit cohérente avec sa vision et ses objectifs.
C’est englober les hauts et les bas dans un équilibre harmonieux.
Avoir un temps pour développer ses compétences et obtenir des gros résultats, et un temps pour les expériences de vie.
Fonctionner en pics d’énergie ponctuels et stratégiques.
Ca signifie ne pas voir l’équilibre vie pro / vie perso comme un choix obligatoire “l’un ou l’autre”. Les deux vont ensemble.
Ne pas le voir comme une répartition horaire fixe. Mais plutôt où on place son attention et ses efforts.
Avoir une certaine liberté et arriver à un style de vie où tu peux choisir consciemment où investir ton énergie. Si tu veux passer du temps en famille à 15h, tu peux. Si tu veux faire du sport à 10h, tu peux. Si tu veux passer 2 semaines à bosser 12h par jour pour obtenir un résultat significatif, tu peux.
Et c’est encore plus important pour les créatifs.
On ne peut pas prévoir quand une idée arrive, mais on peut organiser sa vie pour favoriser les bonnes idées, et augmenter leurs fréquences. Pour ça, il faut créer un cadre qui donne de l’espace à cette créativité.
Le curseur entre équilibre et obsession doit être personnalisé en fonction de la vie que tu recherches.
Un étudiant sans responsabilité peut se permettre d’être obsessionnel pour progresser sur un sujet et le passer en phase de maintenance ensuite. Pour un parent de 4 enfants, c’est également faisable, mais évidemment plus compliqué.
Comment “choisir” ton obsession ? Ici, tout dépend de tes objectifs et de ta priorisation.
Mais l’approche est claire : utiliser l’obsession de manière stratégique pour progresser ponctuellement, tout en visant un équilibre général.
C’est tout pour ce sujet, excellent week-end à toi !
LA.